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Les données ouvertes, qu'est-ce que c'est?
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À ajouter à vos calendriers! Montréal Ouvert est fier de vous inviter à sa troisième édition du Hackathon le samedi 19 novembre. Les dernières éditions de cet événement ont rassemblé plus de 100 développeurs, créateurs, fonctionnaires, ainsi que des gens des milieux communautaires, des affaires, et universitaires en plus de citoyens engagés. Nous souhaitons vous voir en grand nombre pour que ce Hackathon soit le meilleur. Que vous ayez une nouvelle idée de projet ou souhaitiez participer à la réalisation d’un projet en cours, nous avons besoin de votre aide. L’équipe accueillante de MontréalOuvert se fera un plaisir de vous orienter et de répondre à toutes vos questions relatives aux données ouvertes.

Les applications de données ouvertes ont eu un succès incroyable à Montréal. ZoneCone.ca a aidé plus de 50 000 automobilistes à éviter les chantiers de construction; PatinerMontreal.ca a permis à plus de 17 000 patineurs de trouver les meilleures conditions de glace; Resto-Net.ca a aidé plus de 75 000 personnes à trouver un restaurant propre et BudgetPlateau.com a permis à plus de 600 citoyens de donner leur avis sur le budget de leur arrondissement. Votre application ou votre idée pourrait être la prochaine à venir en aide à autant de montréalais!

Pour mieux organiser nos efforts et votre talent, nous vous encourageons à publier vos idées, groupes de données et commentaires ici.

Nos discussion avec la ville ont eu beaucoup de succès au cours de la dernière année. Soyez présents afin de démontrer qu’il existe une grande demande de la part des citoyens pour l’ouverture des données de la ville. Nous espérons obtenir des groupes de données de la ville de Montréal pour l’événement.

Nous offrons deux types de billets:

1. Gratuit
2. Avec un T-Shirt, Déjeuner, Café et Lunch.

L’horaire:

Le samedi 19 novembre, 2011.

09 h 30 : Arrivée
10 h 00 : Formation d’équipes autour des projets.
13 h 00 : Dîner
17 h 30 : Présentation des projets
18 h 00 : Bières dans un bar local

Lieu:

À déterminer.

Ceci et un billet écrit par Stéphane Guidoin, créateur de ZoneCone.ca.

Se lancer dans une application « open data » est souvent plus facile qu’on croit: on commence par jouer avec des données, mettre en place une base de données, créer quelques scripts et on est parti sans même l’avoir planifié! Mais la suite nécessite de se poser quelques questions…

Les technicalités

Tout ce qui tourne autour des données ouvertes est souvent perçu comme un travail de geek. C’est vrai que ça prend des lignes de code. Cependant de plus en plus, avec des frameworks de développement et les outils existant, il est possible de faire des systèmes assez complets en assez peu de temps et avec des compétences assez limitées. Il faut apprendre à coller des blocs ensemble mais l’information est largement disponible en ligne. Je ne suis pas un développeur, j’ai appris le développement sur le tard comme beaucoup d’autres!

De même pour l’hébergement du site, il est fascinant de voir l’offre qui est maintenant disponible et la manière dont tout est rendu facilement accessible. ZoneCone est hébergé pour 20$/mois avec la possibilité d’augmenter la taille du serveur en 15 minutes et de payer le serveur amélioré uniquement au prorata du temps utilisé et sans frais de transfert. Facile!

Certes, avoir des outils encore plus accessibles aux non-informaticiens est nécessaire, mais obtenir quelque chose de viable est plus facile qu’on ne l’imagine de l’extérieur.

Le légal

Un des points qui est rapidement venu me hanter est celui des licences des données sources utilisées par l’application. Celles du MTQ étaient couvertes par le Droit d’auteur gouvernemental pour lequel une application de type mashup est dans une zone grise. Les données de la Ville de Montréal, elles, n’étaient pas clairement licenciées.

Le risque était donc de voir l’application poursuivie en justice après le lancement. Cependant, après avoir discuté avec d’autres développeurs d’applications, des personnes de Montréal Ouvert et du Cippic, une poursuite semblait assez peu probable. De manière générale, tout le monde était d’avis que tant que l’application n’avait pas de conséquence ou d’objectif malfaisant, des organismes publics ne se risqueraient pas à une poursuite. Le principal risque était donc de voir l’application se faire bloquer l’accès aux données sources.

Le lancement

Une des questions qui s’est posée était de savoir quand lancer? Attendre que l’application soit bien développée (et surement attendre plusieurs mois de plus) ou lancer rapidement. La plupart des personnes consultées ont proposée de lancer rapidement une application pas nécessairement complétée. La raison est double: comme les startups, il est intéressant de lancer rapidement et de faire des itérations par le suite pour pouvoir prendre en compte les remarques des utilisateurs dans les évolutions de l’application.

Par ailleurs dans le cadre actuel, notamment à Montréal, le but est surtout d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la pertinence des données ouvertes. Sachant que le données utilisée par ZoneCone étaient parfois hasardeuses (certaines incohérences étaient évidentes), il semblait vain de perfectionner l’application puisque les résultats seraient toujours liés à la qualité des données. Ainsi ZoneCone a été lancée rapidement bien que pas vraiment finalisé (et loin de l’être encore aujourd’hui).

Et enfin, si l’application n’atteignait pas se cible, je n’aurais pas passé plus de temps que nécessaire dessus.

La communauté

L’existence d’une communauté Open data (et plus généralement « geek ») demeure un élément central dans la réalisation d’un tel projet. N’étant un expert en rien, j’avais beaucoup à apprendre et j’ai pu compter sur les conseils et l’aide de plusieurs personnes pour avancer. Bien qu’Internet permette de joindre n’importe qui dans le monde, mes expériences ont montré que le taux de réponse et la qualité des réponses des personnes rencontrées localement étaient supérieures à celles venant de plus loin. Cela peut sembler évident mais c’est un rappel de l’utilité de bâtir des communautés locales et de les faire vivre pour favoriser l’échange d’idées et le support mutuel.

Forcer (un peu) le passage

Les membres de la communauté « open data » veulent des données mais les organismes publics sont souvent hésitants. Dans ce contexte, développer une application mettant en oeuvre les données en question, même de manière partielle et incomplète, demeure un très bon moyen pour provoquer les choses!

A titre d’exemple, le groupe de travail de la Ville de Montréal sur les données ouvertes était en plein travail lors de la publication de ZoneCone.ca. Ceci a donné encore plus de force à leur initiative en rappelant aux différents échelons de gouvernance la pertinence de la démarche. Évidemment rien n’est garanti, mais une démonstration de ce qui est faisable (et une certaine couverture médiatique) demeure un très bon moyen pour faire évoluer les esprits et c’est finalement un des premiers objectifs des mouvements comme Montréal Ouvert.

 

Jean-Noé présentera l’initiative de MontréalOuvert et Marc Jeannotte et Nicolas Roberge parlerons de l’initiative Capitale Ouverte et les bénéfices de l’ouverture des données pour une municipalité comme Québec aujourd’hui à l’émission Mise à jour diffusée sur les ondes de VOX.VOX est disponible au canal 9 pour les abonnés du câble de Vidéotron. L’émission sera diffusée ce soir, jeudi 22 septembre, à 18 h 30 et en rediffusion à 22 h 30. Elle sera également en rediffusion vendredi 23 septembre à 10 h, 12 h et 16 h 30.
vendredi 16
septembre
2011

Québec 2.0

 


Vous souvenez-vous de la consultation publique sur le Web 2.0? Après avoir soumis en ligne l’idée d’une politique de gouvernement ouvert au Québec et gagné l’appui de près de 100 personnes, Jean-Noé et Jonathan se sont déplacés à Québec pour faire une présentation sur l’ouverture des données au groupe de travail multi-ministériel Web 2.0. Les participants à cette rencontre ont accueilli très favorablement l’idée de rendre plus accessible les données du gouvernement provincial. Nous souhaitons qu’ils réussissent.

Nous remercions chaleureusement les organisateurs et suivrons de près la suite de cet exercice.

Nous en avons aussi profité pour participer au lancement de Capitale Ouverte. L’équipe de Montréal Ouvert accueille avec enthousiasme et solidarité l’arrivée de cette nouvelle initiative québécoise municipale. Nous souhaitons bonne chance à la « gang » de Québec et incitons tout le milieu montréalais à appuyer leurs efforts!

Si l’ouverture des données est en soi un pas en avant, il s’agit avant tout d’un premier pas vers une démocratie plus ouverte, plus transparente, plus participative où gouvernements, citoyens et entrepreneurs interagissent et innovent ensemble.

Il est important de comprendre comment ce premier pas de l’ouverture des données publiques constitue la fondation qui permet de créer cette dynamique, et comment faire en sorte que celle-ci s’entretienne pour former un écosystème durable. En effet, les efforts faits par les gouvernements pour rendre accessibles leurs données doivent pouvoir porter leurs fruits, aussi bien sur le court terme que sur le long terme.

La mise en place d’une politique de données ouvertes rend accessibles les données, qui constituent en fait la matière première de l’économie numérique — et nous entendons ici économie au sens large, c’est à dire qui va au delà des considérations de profit, mais prend plutôt en compte les dynamiques et interactions de ses acteurs.

La mise à disposition de cette matière première permet aux acteurs créatifs, tels que les chercheurs, entrepreneurs et citoyens impliqués d’innover et de créer des applications et services basés sur cette information. Dans cette perspective, le rôle premier des institutions publiques est d’assurer le bon fonctionnement de leurs services et de rendre accessible les données qui sont collectées ou produites dans l’exercice de ces services.

Cette première étape permet à un écosystème de se mettre en place, où un ensemble d’acteurs vont collaborer (et également entrer en compétition) pour l’utilisation de cette matière première, qui a l’avantage d’être infinie et duplicable à coût négligeable. Le bénéfice direct pour les gouvernements et les citoyens est la création d’un ensemble de nouveaux services améliorant la qualité de vie, mais également le développement d’un nouveau secteur d’activité.

Mais plusieurs freins se posent à la survie et au développement de cet écosystème. En premier lieu, il faut que les données soient mise à disposition et mise à jour régulièrement, de manière à ne pas rendre obsolètes les services et applications créés. Comme parmi les nouveaux services et applications crées, certains pourront être directement ré-utilisés par la ville, il y a donc un incitatif direct à poursuivre les efforts d’ouverture des données.

Par ailleurs, il faut que les données soient accessibles facilement, pour tout le monde, ce qui implique que les données disponibles soient toutes repertoriées au même endroit, plutôt qu’éparpillées sur une multitude de sites différents.

Mais ce qu’il faut également, c’est soutenir la promotion des innovations créés à partir des données. Si les chercheurs et les entrepreneurs bénéficient en général d’une plus grande capacité à promouvoir leur travail, ce sont surtout les citoyens qui ont besoin d’endroits où se réunir pour montrer et partager leurs idées, et à l’instar des données disponibles, d’avoir accès à un répertoire d’applications basées sur ces données. MontréalOuvert a réussi jusqu’ici à remplir ce rôle, mais nous pensons qu’il devrait y avoir un engagement et un soutien plus clair de la part de la ville.

Enfin, si la création d’application qui résolvent des problèmes est rendue possible par la publication des données ouvertes, il faut également parfois un soutien de la ville et des institutions pour permettre à tous de bénéficier de la solution. Imaginons par exemple que les temps d’attentes soient disponibles en temps réel dans toutes les cliniques et salles d’urgence de Montréal, et que des citoyens ait réussi à utiliser ces informations pour réduire les temps d’attentes en salle–il faudra ensuite l’aide de la ville pour déployer la solution dans l’intégralité des cliniques, ce qu’un simple groupe de citoyen ne pourrait probablement pas faire seul.

Ainsi l’innovation citoyenne et la création d’un écosystème durable impliquant les chercheurs, entrepreneurs, citoyens et entités gouvernementales repose sur la publication des données de manière ouverte, mais également sur l’entretien d’une dynamique permettant à chaque acteur de tirer le meilleur parti de ses efforts.

Cela fait maintenant presque un an que nous avons fondé MontréalOuvert, avec l’objectif que Montréal se dote enfin d’une politique de données ouvertes, et rattrape son retard grandissant par rapport aux autres villes canadiennes et américaines. Mais l’absence d’une politique claire sur les données ouvertes n’a pourtant pas empêché des innovateurs de créer des applications avec les données qu’ils ont pu trouver, souvent au prix d’efforts importants pour extraire ces données de formats peu accessibles.

Cette première vague d’applications basées sur les données publiques (que l’on ne peut pas encore qualifier d’ouvertes) de la ville de Montréal nous a permis de confirmer la force et le potentiel de l’innovation citoyenne, ainsi que l’intérêt qu’elles représentent pour les montréalais. Et au travers de l’intérêt grandissant envers les données ouvertes, nous entendons souvent la question de <<quelles seraient les prochaines applications des données ouvertes>>?

S’il est assez difficile de prévoir l’avenir, il y a malgré tout quelques tendances que l’on peut anticiper. Ainsi, on peut s’attendre dans un premier temps à voir de plus en plus d’applications d’utilité quotidienne, qui permettent de mieux profiter de la ville et son environnement–en quelque sorte, la continuité directe des applications telles que Patiner Montréal, Resto-Net ou Dechets Montréal. On pense notamment à des thèmes comme le transport, les parcs, et la sécurité.

En parallèle des ces applications, les différents arrondissement qui auront pris l’initiative de s’impliquer dans le processus d’ouverture des données pourront mettre à disposition des informations relatives à leur fonctionnement et leur budget. On verra donc ainsi apparaître des applications plus informationnelles, permettant de mieux comprendre des thèmes complexes comme le budget ou le processus décisionnel (comme l’a fait récemment l’arrondissement du Plateau Mont-Royal avec son budget interactif), permettant des discussions ouvertes, basées sur les faits, et mettant donc de côté les éléments idéalogiques qui entravent parfois les débats publics.

Enfin, on pourra voir progressivement des applications visant à améliorer le fonctionnement des services offerts par la ville et les différentes instances gouvernementales. On peut penser au 311 montréalais, qui pourrait largement bénéficier d’une interface pour suivre l’état des demandes et voir si d’autres citoyens ont expérimenté les mêmes difficultés qu’eux, mais aussi à des problèmes plus profonds comme le temps d’attente dans les cliniques, où tout montréalais aurait le droit et la possibilité de connaître précisément la durée d’attente avant son rendez-vous avec un professionnel de la santé.

Bien sûr, pour en arriver là, il faudra poursuivre les efforts entamés, et réussir à créer une dynamique durable où gouvernements, citoyens et entrepreneurs agissent ensembles pour améliorer la société.

Pour rassembler tous les adhérents à Montréal Ouvert, vous êtes cordialement invités à nous rejoindre pour le premier dîner « données ouvertes » organisé par l’équipe de Montréal Ouvert le jeudi 29 septembre à 19:00 au restaurant apportez-votre-vin Le Flambard au 851, rue Rachel est. Consultez l’invitation pour savoir comment s’y rendre. Ce sera une belle occasion pour se tenir au courant des nombreux développements au sein du mouvement des données ouvertes à Montréal. Apportez unE amiE et confirmez votre participation. Veuillez noter qu’il est malheureusement impossible pour nous de payer pour tout le monde.

Inscrivez vous ici.

En juin 2011, le Plateau Mont-Royal a lancé un site web pour obtenir les commentaires des citoyens autour du budget. L’application web, intituler BudgetPlateau.com permet aux citoyens de modifier le budget selon leur grès, mais il faut qu’il soit équilibré avant qu’il puisse être soumis à la ville! Pas une tâche facile, les citoyens ont donc obtenu une éducation quant à la difficulté de gérer le budget de la ville le plus densément peuplé au Canada.

Richard Ryan (twitter), conseiller au plateau et instigateur du projet a accordé une entrevue à Montréal Ouvert pour mieux expliquer les défis, les bénéfices et des améliorations à venir. Voici ses réponses. Pour de plus amples informations sur le logiciel derrière BudgetPlateau.com, contactez James McKinney à Nord Ouvert.

1. Quelle(s) étai(en)t la(es) motivations du conseil municipal du Plateau Mont-Royal en voulant développer l’application BudgetPlateau.com?

En 2010-2011 j’ai été membre de la commission de l’Hôtel de Ville, sur les services aux citoyens où lors d’une consultation publique la commission a reçu entre autre un mémoire de Montréal Ouvert sur les données ouvertes, c’est là que je me suis dit qu’il faut essayer quelque chose sur le Plateau. C’est en rencontrant Jonathan Brun à quelques reprises par la suite, que nous avons eu l’idée de relancer une forme de budget participatif avec une application. Le maire de l’arrondissement, Luc Ferrandez a tout de suite acheté l’idée. Comme responsable de la participation citoyenne pour le Plateau, je trouvais que c’était une bonne façon concrète d’intéresser les citoyens sur un sujet drabe comme le budget.

2. Quelle a été la réaction du public (et des autres élus) depuis le lancement de l’application et est-ce que ça a répondu à vos attentes?

Nous avons lancé l’application lors du forum sur les orientations budgétaires le 25 mai dernier. Je pense que cela a été une des clés du succès et de son accueil favorable. Le fait que de mettre en lien ce rendez-vous virtuel avec un rendez-vous physique. Nos attentes en lien avec cette application n’étaient pas très claires sinon que nous savions qu’on lançait quelque chose de pilote et que nous nous rajusterions par la suite. James de Nord Ouvert a été vraiment souple et ça aussi quand on travaille en confiance c’est une bonne clé.

Nous avons eu une excellente réception du côté administratif de l’arrondissement qui a dû travailler d’arrachepied pour fournir des données dans un cadre digérable pour la firme afin de réaliser l’application. Les gens en général ainsi que les autres élus ont apprécié le niveau sensibilisation et éducationnel de cette application, pour mieux comprendre le budget et les difficultés quelques fois à prendre des décisions pour arriver à un budget équilibré.

3. Avez-vous eu des surprises? Bonnes et-ou mauvaises?

Les bonnes surprises surtout, ont été au niveau de la réponse à quelque chose qui n’a pas été beaucoup médiatisé, mis à part le bulletin de l’arrondissement, le journal local et nos réseaux Facebook, très peu de gens de l’extérieur en ont parlé. Je crois (à vérifier avec James) que nous en sommes à 3 ou 4000 visiteurs de l’application avec autour de 300 réponses complétées et commentées… c’est une bonne première. Il est important selon moi de poursuivre l’expérience dans le futur tout en l’améliorant, le raffinant. Par exemple en mettant des notions de revenus, pour se payer des projets d’aménagements urbains qui coûtent cher, pensez-vous qu’on devrait mettre une taxe spéciale, une plus grande tarification de certains services, augmentation des parcomètres sur notre réseau local, ou encore instaurer des zones de parco-jour pour les visiteurs réguliers (travailleurs, etc.), ou autre ? Si on veut vraiment ouvrir aux citoyens, il faudra mettre des notions de revenus, pas juste des dépenses courantes…

4. Comment comparer un exercice tel que BudgetPlateau a une consultation traditionnelle, comme celle qui a été effectuée en 2005-2008?

C’est complètement différent, la formule de l’ancienne administration, bien qu’elle avait le mérite d’être novatrice pour le Plateau (le seul arrondissement à avoir essayé quelque chose du genre au Québec), avait de grandes lacunes, notamment en n’ayant impliqué peu les fonctionnaires dans le processus. Les limites aussi d’avoir mis seulement le budget d’investissement sans y mettre des notions des dépenses courantes et des revenus… alors qu’on était dans un contexte budgétaire difficile… la participation diminuant, malgré de grandes dépenses pour encadrer le processus (Animation, documentation, promotion), nous sentions (moi comme citoyen à l’époque) que c’était plus un exercice de récupération politique qu’un vrai exercice de démocratie participative.

Mais cela a aussi eu le mérite de sensibiliser les gens au budget… mais à quel prix? Nous reprenons la formule plus consultative au début avec un forum puis cette application web, sans prétention, mais nous savons qu’avant d’aller plus loin dans une forme ou une autre de budget participatif, nous devons fournir des outils d’éducation et de sensibilisation à la population du Plateau pour comprendre les notions d’un budget d.arrondissement. Cela fait partie d’une étape fondamentale à tout processus de budget participatif. Et surtout à beaucoup moins de frais que l’ancienne formule. Il n’est plus question de dépenser des centaines de milliers de dollars sur 3 ans afin de faire voter par un petit groupe restreint 1 ou 2 millions de dollars. C’est inacceptable!

5. Que diriez-vous à d’autres municipalités qui songent à adopter une application similaire?

Allez-y, faites confiances à vos citoyens, mais ne le faites pas en vase clos, il est très important de se donner en même temps des rendez-vous physiques pour alimenter et compléter ces rendez-vous virtuels. Les deux vont ensemble. Notre forum du 25 mai a rejoint près de 130 personnes, nous en organisons un 2e en septembre dans le but de donner les résultats de l’application et rendre des comptes sur les nouveaux défis budgétaires que nous devons faire face présentement. En même temps ce rendez-vous servira à mettre la table pour l’an prochain pour à la fois améliorer la formule et faire plus de place à la participation citoyenne dans le processus décisionnel entourant le budget de l’arrondissement.

6. D’autres commentaires?

Pour moi ce type d’outils en est un d’éducation populaire qui permet aux citoyens de prendre sa place au sein des administrations, dans un contexte que la participation aux élections est en chute libre… La démocratie participative va-t-elle soutenir à renverser cette tendance ? Des outils du web comme cette application, est-il un exemple d’outil qui permettrait d’intéresser de nouveaux citoyens (comme les jeunes) sur les enjeux locaux ?

Lors du dernier Hackathon organisé par Montréal Ouvert, Stéphane Guidoin a commencé le travail sur un simple site web pour d’afficher les chantiers de construction au Québec et permettre aux citoyens de mieux naviguer dans leur ville.

Le site de Stéphane, ZoneCone.ca, permet d’indiquer un trajet et par la suite de visualiser tous les chantiers qui affecteront cet itinéraire. En créant un compte gratuit sur le site, vous aurez la possibilité de recevoir des mises à jour quotidiennes lorsque les modifications seront apportées aux chantiers. Lors du point de presse au sujet des travaux routiers à Montréal le 19 août dernier, la Ville et le gouvernement provincial ont indiqué qu’ils réfléchissaient à créer un site web pour faciliter la communication autour des chantiers. (Article CyberPresse) Or, le voilà déjà fait!

Comme le travail de Stéphane le démontre, ce dont le Québec a besoin est avant tout des données brutes sur les chantiers de construction c’est-à-dire des données concernant l’emplacement des travaux, les heures d’ouverture des routes, les restrictions de voies, etc. L’imagination et le talent de la communauté technologique prendront ces données et créeront des solutions, sans que le gouvernement ait besoin de dépenser de l’argent public. Si le gouvernement offre ses données, Montréal Ouvert est convaincu que nous verrons de plus en plus de solutions innovatrices apportées par les citoyens.

Avec le soutien de la Ville ou du gouvernement du Québec, on peut également imaginer d’autres fonctionalités telles qu’un lien avec les transports en commun, le co-voiturage ou encore des recommendations de routes alternatives.

Pour mieux comprendre les défis, la motivation ainsi que le site web, voici une brève entrevue que nous avons effectué avec le développeur.

Bonjour Stéphane Guidoin, comment est venue l’idée de ZoneCone.ca?

L’idée m’est venue à l’esprit assez après avoir acheté une voiture. J’ai rapidement expérimenté les plaisirs de l’embouteillage surprise causé par des travaux. Étant régulièrement à la recherche d’idées pour démontrer l’utilité des données ouvertes, je me suis demandé s’il serait possible de trouver des informations provenant d’institutions gouvernementales permettant de signaler efficacement les chantiers.

Plus globalement ceci découle aussi d’une volonté d’envisager différemment la mobilité humaine, peut-être moins basée sur l’habitude (celle de prendre son auto et de suivre un chemin automatique) et faisant plus appel à la réflexion et à l’utilisation d’information et d’outil nous aidant à faire des choix plus inspirés.

Quels ont été les principaux défis?

Le premier fut évidemment de trouver des informations pertinentes. Il s’est vite trouvé qu’autant la ville de Montréal que le Ministère des transports du Québec proposaient sur leur site web, de manière plus ou moins directe, des données géolocalisées, fournissant ainsi les bases pour une application comme celle élaborée (à noter qu’à ce niveau, nous sommes assez bien lotis. Ce ne sont pas toutes les villes et provinces canadiennes qui disposent de cette information).

Ces données n’était pas toujours prévues pour être utilisées comme source d’information, il a fallu élaborer quelques méthodes d’extraction de données et de réconciliation de différentes sources. C’est ce qui demeure le plus instable actuellement.

Le reste, c’est surtout de la cuisine. Non pas que le développement était facile, mais Internet fournit un montant d’information colossal pour réaliser ce type de projet.

Combien d’heures de travail ont été effectuées pour créer le site web?

Difficile à dire car l’effort a été très fragmenté depuis que j’ai débuté le projet, en février. Surement qu’un chiffre de 200-300 heures serait réaliste.

Comment est-ce que les gouvernements montréalais et québécois pourraient faciliter le travail de développeurs de logiciels comme vous?

Le point le plus important est d’avoir des données qui sont prévues pour être publiées et analysées par des systèmes informatisés. L’aspect publication nécessite de mettre en place des règles du jeu. Exemple qui me donne encore beaucoup de fil à retordre: lorsqu’un chantier disparaît, est-ce que cela veut dire qu’il est terminé quand bien même sa date de fin prévue n’est pas encore atteinte ?

Rendre le contenu accessible pour des outils informatiques permet d’automatiser le traitement de l’information. L’intérêt d’une application comme ZoneCone.ca, c’est de déterminer que tel jour un chantier s’active et de prévenir les usagers concernés. Mais si la date est perdue dans une phrase plutôt que clairement identifiée, l’application ne peut pas l’extraire et donc perd de sa valeur. L’exemple peut sembler anodin, mais pour chaque nouveau chantier déclaré, je dois vérifier les dates de début et de fin et si nécessaire essayer de les déterminer pour que l’application puisse fournir des informations utiles aux utilisateurs.

Ce sont des points très techniques mais pourtant tellement importants pour faire le lien entre des systèmes complexes et des citoyens qui à juste titre veulent une information les concernant directement.

Ceci étant dit, la base est de fournir une information à jour. Ainsi d’énormes travaux qui se déroulent depuis quelques jours à coté de chez moi ne sont pas annoncés par le Ville…

Avez-vous besoin d’aide, de ressources ou autres besoins pour améliorer l’application ZoneCone.ca

Oui! Toute aide est bonne à prendre. L’application est développée avec des technologies web assez classiques et toute paire de mains valide et volontaire pourrait permettre de développer de nouvelles fonctionnalités.

À terme, j’espère aussi pouvoir solliciter l’aide des utilisateurs moins technophiles en permettant à chacun de commenter ou noter les travaux en cours pour rendre l’information encore plus pertinente et précise.

Merci pour vos réponses Stéphane!

Plusieurs organismes aux États-Unis collaborent pour créer une directive-type pour informer la mise en oeuvre d’une gouvernance ouverte qui peut être adaptée à divers paliers et entités gouvernementaux. Le but est de créer un cadre juridique pour appuyer la gouvernance ouverte, y compris la transparence, la participation citoyenne, la collaboration et bien sûr, l’ouverture des données. La directive-type est disponible en ligne ici. Il vaut la peine de se familiariser avec l’expérience du gouvernement du Cook County, dans l’État de l’Illinois aux É-U, qui s’est inspiré de cette directive dans l’élaboration de son plan de gouvernance ouverte. La même directive sera également au coeur d’un débat entre les candidats à la mairie de San Fransisco sur les questions de gouvernance ouverte, organisé par l’organisme SFOpen. Nous espérons que cette directive peut aussi nourrir la réflexion du groupe de travail sur les données ouvertes de la ville de Montréal dont le rapport est attendu avec grande anticipation cet automne.