Durant les trois semaines à venir, la ville de Montréal tiendra des séances publiques de la Commission du conseil municipal sur les services aux citoyens. La première séance de cette commission s’est tenue lundi dernier au CÉGEP du Vieux-Montréal, et presque toute l’équipe de Montréal-Ouvert était sur place.
Cette première session nous a permis de confirmer l’intérêt des montréalais, et notamment des jeunes montréalais, pour l’ouverture des données publiques. La communication entre la ville et les jeunes était un point central de la discussion, et il est ressorti de manière assez nette que l’accessibilité à l’information, qu’il s’agisse de nouvelles, de références, ou encore de données publique était un point clé, autant pour la ville que pour les jeunes citoyens.
Un autre point important qui est ressorti de cette première séance est la réceptivité des élus par rapport à l’ouverture des données : une fois que le concept des « données ouvertes » est présenté, il est plutôt bien accueilli et suscite l’intérêt. Cela dit, pour que cet intérêt se transforme en action, il est nécessaire de communiquer clairement que l’ouverture des données est quelque chose qui nous tient à coeur.
Pour ce faire, nous vous invitons à venir écouter, et surtout participer à l’une des prochaines séances de la commission, dont voici les dates et lieux :
- le mercredi 6 octobre 2010 au CEGEP André-Laurendeau (voir carte)
- le jeudi 14 octobre 2010 : Bibliothèque de Saint-Léonard (voir carte)
- le mercredi, 20 octobre 2010 : le 6767, Centre communautaire, Chemin de la Côte-des-Neiges (voir carte)
Alors si vous voulez que la ville ouvre ses données, il suffit de vous faire entendre !
Comme l’a si bien dit Tim Berners-Lee, la personne à qui on attribue l’invention du Web, l’ouverture des données doit « commencer par en haut, commencer dans le milieu et commencer par le bas. » Comme le montre un rapport intitulé Open Data Study publié en mai 2010, au moins trois différentes bases de clientèles (constituencies, en anglais) étaient impliquées dans les poussées qui menèrent à data.gov et data.gov.uk: la société civile; la « couche du milieu” des administrateurs publics professionnels et le niveau supérieur des chefs politiques. Sans chacune d’elle pour mener le progrès, il est possible que l’ouverture de ces deux gouvernements n’aurait pas eu lieu.
La société civile a fourni la pression du changement par un plaidoyer traditionnel, mais aussi avec des projets démonstrateurs comme TheyWorkForYou.com (le Royaume-Uni) et GovTrack.us (les Etats-Unis). La « couche du milieu” des fonctionnaires et des administrateurs publics et fédéraux a été aussi motivée à ouvrir des données gouvernementales, voyant là un potentiel pour améliorer son efficacité et augmenter une reconnaissance de son travail. Sans leur expertise, les chefs politiques au plus haut niveau ne pourraient pas avoir été confiants que les plans pour les portails de données pourraient de façon réaliste être mis sur pied. Finalement, les chefs politiques pouvaient faire face à l’inertie institutionnelle et donner des bases démocratiques aux projets hautement techniques. Voilà une approche crédible qui peut nous servir d’inspiration pour la ville de Montréal !
Récemment, Tim O’Reilly, un pionnier dans le monde des technologies web, a livré un discours intéressant intitulé « Do it ourselves [government] » où il propose de remettre une partie du pouvoir du gouvernement dans les mains des citoyens. Certes, il prend une position très américaine, mais son point principal est qu’avec les technologies telles que l’internet les citoyens peuvent maintenant contribuer plus aux fonctionnements de leurs gouvernements et communautés. Pour que cela fonctionne, il faut que les gouvernements offrent des informations dans un format ouvert et accessible. Je vous encourage à visualiser son discours (en anglais) ci-dessous.
Saviez-vous que la semaine du 27 septembre au premier octobre est la semaine internationale du Droit à l’Information ? Durant cette semaine, un certain nombre d’évènements sont organisés pour promouvoir le droit d’accès à l’information, un thème touchant de très près l’ouverture des données publiques.
Vous trouverez sur le site de l’évènement tout un ensemble de conférences et tables rondes dans la plupart des grandes villes du Canada, de Victoria à Halifax.
Au delà des évènements, vous pouvez également aller plus loin en lisant et en participant par Internet au travers des liens suivants:
- Le mot du président de la Commission d’accès à l’Information du Québec (lire ici)
- Des lettre types à envoyer aux organismes publics et entreprises pour accéder à l’information (télécharger ici)
- Clavardage en direct avec les Commissionnaires à l’Information du Canada (voir les horaires)
- Un article (en anglais) discutant du Droit à l’Information et de l’Ouverture des Données Gouvernementales (lire ici)
L’état complet, la primauté, l’aisance d’approche physique et électronique, la non-discrimination et la permanence. Voici cinq des 10 principes identifiés par la Sunlight Foundation pour mesurer l’ouverture et l’accessibilité publiques des données gouvernementales. Ainsi qu’on le souligne dans cette mise à jour des conclusions d’une rencontre d’experts en 2007, cette liste n’est pas exhaustive et chaque principe existe le long d’un continuum d’ouverture, en plus de devoir prendre en compte la spécificité de chaque contexte. Cependant, les dix principes offrent des paramètres à viser pouvant servir à informer un processus d’ouverture conséquent et complet.
La semaine dernière, basé sur des données de la ville, un nouveau service en ligne pour les Montréalais a été lancé. Le développeur, Kent Mewhort, nous a contactés et nous avons pu en apprendre plus sur son projet en lui posant quelques questions. (Texte traduit de l’anglais par Montréal Ouvert).
Déchets Montréal, qu’est ce que c’est?
J’ai décidé de créer le site web de Déchets Montréal pour rendre les horaires des collectes d’ordure et de recyclage plus accessibles et dans un format compatible avec des calendriers fréquemment utilisé (iCal, Google Calendar et Outlook). Mon but est de faciliter la vie des citoyens montréalais en créant un outil qui peut servir d’aide-mémoire. Le projet sert aussi d’exemple de la possibilité d’ajouter une nouvelle valeur aux données de la ville lorsqu’elles sont rendues disponibles sans contraintes.
Quel a été le processus de développement?
Le développement du site a été un processus relativement facile. J’ai pu profiter de logiciels à code source libre et d’APIs ouvertement accessibles. Pour trouver les adresses dans la ville, j’ai utilisé le Geocoder API produit par Google. L’interface du site web est basé sur Drupal et le plugin à code source libre Calendar. Avec quelques ajustements mineurs, j’ai été capable d’afficher les horaires de collectes de déchets et de générer un fichier compatible avec les calendriers les plus fréquemment utilisés.
En ce qui a trait au format des données, que peut faire la ville pour encourager le développement d’applications comme la vôtre?
C’est formidable que la ville offre en ligne les données sur les ordures et le recyclage. C’est un excellent point de départ. Cependant, j’aimerais souligner l’importance de l’ouverture de données dans des formats qui peuvent être facilement lus par un logiciel. De loin, la partie la plus pénible du développement du site de Déchets Montréal a été la création d’un grattoir (ou « scraper » en terminologie informatique) pour traduire les données affichées sur le site web de la ville dans un format utilisable. Pour la plupart des arrondissements, les horaires sont dans le format suivant :
Collection des déchets ménagers
La collecte a lieu tous les mardis et vendredis. Laissez les déchets à l’endroit approprié (sur le bord de la rue ou de la ruelle) entre 8:00 et 16:00 la journée même de la collecte.
L’information sur les différentes collectes – recyclage, déchets biodégradables et déchets encombrants – est aussi affichée sur la même page web. Il faut donc identifier et analyser chaque type d’horaire de collectes et les catégorisé par quartiers. Ensuite, il est nécessaire de créer un code spécifique correspondant aux différentes composantes du texte pour chacune des journées de la semaine. Dans certains cas, l’horaire des différentes collectes est présenté par date et non par journée de la semaine. Il est important d’analyser cette information présentée dans un format alternatif.
Et si l’information n’est pas mise à jour?
Ce qui est problématique, à part de ces complexités d’implémentation, c’est que le format d’horaires à base de texte sur le site Internet de la ville pose d’autres restrictions. J’organise toutes les données pour limiter la charge sur le serveur de la ville, mais il n’y a aucune façon de déterminer quand les données sont actualisées. Je dois régulièrement récupérer et ré-analyser les informations. De plus, en parlant de la charge du serveur, tout le monde est perdant si les développeurs doivent recourir à la gratture de texte. C’est un processus intensif de ressources sur mon serveur et cela implique une quantité importante de données à télédécharger du serveur de la ville.
D’autres enjeux concernant les données?
Le format actuel pose aussi des obstacles pour créer des services bilingues. Même si j’ai réussi à faire en sorte que la plupart du site est bilingue, les détails des horaires sont, en grande partie, seulement disponibles en anglais. Fournir ces détails dans les deux langues exigerait encore plus de grattage et d’analyse du texte dans chaque langue. Cependant, si les données étaient disponibles par l’intermédiaire d’un portail de données ouvertes et dans un format directement exploitable, la tâche serait beaucoup plus facile. Je pourrais alors simplement écrire le texte en anglais et en français et enficher les dates, les heures et les instructions spéciales.
Des derniers commentaires sur les données ouvertes et la ville de Montréal ?
Je suis encouragé de voir que la Ville de Montréal affiche de plus en plus des données en ligne… Maintenant nous avons seulement besoin de pouvoir y avoir accès dans des formats et sur un portail ouvert!
Est-ce que c’est un projet à code source-ouvert?
Oui, le code source est complètement disponible à http: // github.com/kmewhort/DechetsMontreal.
Les commentaires et les suggestions sont toujours bienvenues. Vos lecteurs peuvent me contacter en m’écrivant à l’adresse suivante : kmewhort@gmail.com
Le site web de DéchetsMontreal est http: //www.dechetsmontreal.ca
C’est excitant parce que malgré les barrières qui existent actuellement, les développeurs trouvent des façons d’ajouter de la valeur aux données de la ville et de créer des services pour le bénéfice des résidents de la ville. Merci Kent et nous espérons que la ville commence à faciliter le processus de développement d’applications comme la tienne.
Appel dernière minute pour un projet intéressant.
BIXIWIKI – Appel pour des participants
Vous aimez le Bixi? Vous pouvez l’aimer encore plus?
En améliorant l’expérience par vos suggestions, idées et commentaires. Devenez participants du projet pilote BIXIWIKI, partageant trajets, coupons etc.. Il suffit d’avoir une clé BIXI et un cellulaire.
On vous attend mercredi ou jeudi le 15 et le 16 septembre à la CDEC Centre-Sud, Plateau Mont-Royal de 6:00pm à 7:00pm
Les nouveaux participants peuvent s’inscrire ici : http://bixi.notrewiki.net/Nouvelle inscription Bixiwiki
DATE : (choisissez celle qui vous convient)
Mercredi 15 septembre, de 18h00 à 19h00
ou
Jeudi 16 septembre, de 18h00 à 19h0
LIEU : (à deux pas du métro Sherbrooke)
RSVP : Veuillez confirmer votre présence pour l’une des deux rencontres en répondant à : LivingLabMontreal@gmail.com
CDEC Centre-Sud / Plateau Mont-Royal (carte)
3565, Berri, bureau 200
Montréal (Québec) H2L 4G3
Louise, Claude et Tanéa
Living Lab de Montréal et CDEC-Centre-Sud, Plateau Mont-Royal
Mike et et moi (Sébastien) sommes récemment allés à l’atelier « Cartographie des problèmes environnementaux dans la Ville » qui se tenait à l’Université Concordia cette semaine. Nous y avons rencontré un groupe éclectique de cartographes, artistes et chercheurs, rassemblés pour travailler sur une nouvelle base de données compilant des données relatives à la santé, la toxicité des sols, la qualité de l’air ainsi que des indicateurs socio-économiques à Montréal.
Cette base de données, qui est maintenant disponible sur le site web de l’atelier est un très bon exemple du processus de conversion et d’aggrégation de données existantes dans une nouvelle base de données pouvant être aisément manipulée par des tableurs et programmes informatiques.
Durant la création de cette base de donnée à partir de diverses sources pré-existantes (incluant Statistiques Canada), l’équipe a été confrontée à des problématiques telles que la précision des données, leur exhaustivité, leur résolution ainsi que bien évidemment leur qualité — ces problèmes sont des problèmes qui se poseront très probablement dans un projet d’ouverture de données.
A ce titre, Sébastien Caquard, un des chercheurs à l’origine de la base de données, expliquait que devant la difficulté d’obtenir les données qu’ils souhaitaient, ils ont du se résoudre à récolter tant bien que mal les données à partir de materiel existant, tel que les cartes et articles déjà publiés.
Nous avons ici une très bonne illustration des bénéfices qu’apporterait une approche de données-ouvertes des organisations publiques : en s’engageant à publier leurs données d’une manière ouverte, basée sur des formats standards, celles-ci diminuent considérablement les barrières à l’innovation et encouragent la réutilisation des données
Alors que la collecte des données reste un procesus long et coûteux, pourquoi laisser cette richesse dormir dans des disques durs au fond de laboratoires ? C’est justement en ouvrant les données à tous, que celles-ci peuvent devenir le nouveau terreau fertile sur lequel pourront se développer de nouveaux projets, et ainsi stimuler l’innovation, plutôt que la limiter.
Deux participants à la première rencontre publique de Montréal Ouvert ont écrient un onglet cette semaine sur leurs blogues à propos de notre évènement. Nous souhaitons les partager avec vous puisque la première auteure, Diane Mercier, est non seulement une employée de la ville, mais aussi quelqu’un qui appuie l’ouverture des données civiques au niveau municipal depuis très longtemps. Le deuxième auteur est Karl Dubost, un expert reconnu dans le domaine web. Nous sommes heureux de recevoir l’appui des experts comme ceux-ci.
Diane Mercier : Billet ici.
Karl Dubost : Billet ici.







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