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Communautique, un organisme communautaire qui favorise l’appropriation des technologies par les citoyens, vient tout juste de publier un Manifeste pour un plan numérique québecois.
Nous sommes très heureux de voir que parmi les recommandations émises, figurait l‘accès ouvert et le partage des données et des savoirs scientifiques.
Il apparaît de plus en plus clairement que la question de l’accès aux données est un des points-clé pour une implication plus forte des citoyens dans la société, et la publication du manifeste de Communautique fait echo à la publication en septembre dernier des résolutions des commissaires canadiens de l’accès à l’information et à la protection de la vie privée, qui soulignaient l’important d’un accès à l’information complet, simple et exploitable.
Nous félicitons donc chaleureusement Communautique pour cette initiative, qui nous l’espérons, portera fruits !
MontréalOuvert publie un mémoire pour la commission des services aux citoyens
Nous avions déjà bloggé au sujet de la commission sur les services aux citoyens organisée par la ville de Montréal, dont la prochaine séance se tient demain à la Bibliothèque de Saint-Léonard.
Suite à notre présence lors de la première commission, nous avons publié un mémoire abordant les problèmatiques relatives à la communication entre la ville et les (jeunes) citoyens, et en présentant l’opportunité que représente l’ouverture des données publiques.
Ce mémoire vient tout juste d’être mis en ligne par la ville, vous pouvez d’ailleurs le télécharger directement ici (en PDF).
N’hésitez pas à faire des commentaires, et à suivre le dossier 🙂
Les justifications avancées pour soutenir une accessibilité accrue des données gouvernementales incluent souvent des revendications quant au potentiel économique des données gouvernementales ouvertes (DGO), leur potentiel pour promouvoir les diverses responsabilités du gouvernement et le rôle des DGO dans le soutien de la réforme et, de ce fait, le remodelage des services publics. Dans une exploration des utilisations de données du portail national de données gouvernementales ouvertes britannique, data.gov.uk, une nouvelle thèse présente cinq processus d’utilisation de données, analyse les motivations des différents types d’usagers et identifie une gamme de connexions entre l’utilisation de données gouvernementales ouvertes dans le cadre de processus de changement civique.
Parmi ses observations clés, l’étude montre que les DGO
- ne servent pas seulement aux développeurs, mais à une multiplicité de clientèles ;
- changent le rôle des gardiens de l’information (les médias, les compagnies et les différents niveaux gouvernementaux) tout en permettant au gouvernement de maintenir un contrôle de catégorisation et de structuration de l’information ;
- soutiennent l’innovation dans les services publics, particulièrement grâce aux contributions des commerces et des entrepreneurs;
- mènent parfois à des conceptions idéalisées de changement tandis qu’il vaut mieux se concentrer sur des cas d’utilisation réels et civiques.
Durant les trois semaines à venir, la ville de Montréal tiendra des séances publiques de la Commission du conseil municipal sur les services aux citoyens. La première séance de cette commission s’est tenue lundi dernier au CÉGEP du Vieux-Montréal, et presque toute l’équipe de Montréal-Ouvert était sur place.
Cette première session nous a permis de confirmer l’intérêt des montréalais, et notamment des jeunes montréalais, pour l’ouverture des données publiques. La communication entre la ville et les jeunes était un point central de la discussion, et il est ressorti de manière assez nette que l’accessibilité à l’information, qu’il s’agisse de nouvelles, de références, ou encore de données publique était un point clé, autant pour la ville que pour les jeunes citoyens.
Un autre point important qui est ressorti de cette première séance est la réceptivité des élus par rapport à l’ouverture des données : une fois que le concept des « données ouvertes » est présenté, il est plutôt bien accueilli et suscite l’intérêt. Cela dit, pour que cet intérêt se transforme en action, il est nécessaire de communiquer clairement que l’ouverture des données est quelque chose qui nous tient à coeur.
Pour ce faire, nous vous invitons à venir écouter, et surtout participer à l’une des prochaines séances de la commission, dont voici les dates et lieux :
- le mercredi 6 octobre 2010 au CEGEP André-Laurendeau (voir carte)
- le jeudi 14 octobre 2010 : Bibliothèque de Saint-Léonard (voir carte)
- le mercredi, 20 octobre 2010 : le 6767, Centre communautaire, Chemin de la Côte-des-Neiges (voir carte)
Alors si vous voulez que la ville ouvre ses données, il suffit de vous faire entendre !
Comme l’a si bien dit Tim Berners-Lee, la personne à qui on attribue l’invention du Web, l’ouverture des données doit « commencer par en haut, commencer dans le milieu et commencer par le bas. » Comme le montre un rapport intitulé Open Data Study publié en mai 2010, au moins trois différentes bases de clientèles (constituencies, en anglais) étaient impliquées dans les poussées qui menèrent à data.gov et data.gov.uk: la société civile; la « couche du milieu” des administrateurs publics professionnels et le niveau supérieur des chefs politiques. Sans chacune d’elle pour mener le progrès, il est possible que l’ouverture de ces deux gouvernements n’aurait pas eu lieu.
La société civile a fourni la pression du changement par un plaidoyer traditionnel, mais aussi avec des projets démonstrateurs comme TheyWorkForYou.com (le Royaume-Uni) et GovTrack.us (les Etats-Unis). La « couche du milieu” des fonctionnaires et des administrateurs publics et fédéraux a été aussi motivée à ouvrir des données gouvernementales, voyant là un potentiel pour améliorer son efficacité et augmenter une reconnaissance de son travail. Sans leur expertise, les chefs politiques au plus haut niveau ne pourraient pas avoir été confiants que les plans pour les portails de données pourraient de façon réaliste être mis sur pied. Finalement, les chefs politiques pouvaient faire face à l’inertie institutionnelle et donner des bases démocratiques aux projets hautement techniques. Voilà une approche crédible qui peut nous servir d’inspiration pour la ville de Montréal !
L’état complet, la primauté, l’aisance d’approche physique et électronique, la non-discrimination et la permanence. Voici cinq des 10 principes identifiés par la Sunlight Foundation pour mesurer l’ouverture et l’accessibilité publiques des données gouvernementales. Ainsi qu’on le souligne dans cette mise à jour des conclusions d’une rencontre d’experts en 2007, cette liste n’est pas exhaustive et chaque principe existe le long d’un continuum d’ouverture, en plus de devoir prendre en compte la spécificité de chaque contexte. Cependant, les dix principes offrent des paramètres à viser pouvant servir à informer un processus d’ouverture conséquent et complet.
La semaine dernière, basé sur des données de la ville, un nouveau service en ligne pour les Montréalais a été lancé. Le développeur, Kent Mewhort, nous a contactés et nous avons pu en apprendre plus sur son projet en lui posant quelques questions. (Texte traduit de l’anglais par Montréal Ouvert).
Déchets Montréal, qu’est ce que c’est?
J’ai décidé de créer le site web de Déchets Montréal pour rendre les horaires des collectes d’ordure et de recyclage plus accessibles et dans un format compatible avec des calendriers fréquemment utilisé (iCal, Google Calendar et Outlook). Mon but est de faciliter la vie des citoyens montréalais en créant un outil qui peut servir d’aide-mémoire. Le projet sert aussi d’exemple de la possibilité d’ajouter une nouvelle valeur aux données de la ville lorsqu’elles sont rendues disponibles sans contraintes.
Quel a été le processus de développement?
Le développement du site a été un processus relativement facile. J’ai pu profiter de logiciels à code source libre et d’APIs ouvertement accessibles. Pour trouver les adresses dans la ville, j’ai utilisé le Geocoder API produit par Google. L’interface du site web est basé sur Drupal et le plugin à code source libre Calendar. Avec quelques ajustements mineurs, j’ai été capable d’afficher les horaires de collectes de déchets et de générer un fichier compatible avec les calendriers les plus fréquemment utilisés.
En ce qui a trait au format des données, que peut faire la ville pour encourager le développement d’applications comme la vôtre?
C’est formidable que la ville offre en ligne les données sur les ordures et le recyclage. C’est un excellent point de départ. Cependant, j’aimerais souligner l’importance de l’ouverture de données dans des formats qui peuvent être facilement lus par un logiciel. De loin, la partie la plus pénible du développement du site de Déchets Montréal a été la création d’un grattoir (ou « scraper » en terminologie informatique) pour traduire les données affichées sur le site web de la ville dans un format utilisable. Pour la plupart des arrondissements, les horaires sont dans le format suivant :
Collection des déchets ménagers
La collecte a lieu tous les mardis et vendredis. Laissez les déchets à l’endroit approprié (sur le bord de la rue ou de la ruelle) entre 8:00 et 16:00 la journée même de la collecte.
L’information sur les différentes collectes – recyclage, déchets biodégradables et déchets encombrants – est aussi affichée sur la même page web. Il faut donc identifier et analyser chaque type d’horaire de collectes et les catégorisé par quartiers. Ensuite, il est nécessaire de créer un code spécifique correspondant aux différentes composantes du texte pour chacune des journées de la semaine. Dans certains cas, l’horaire des différentes collectes est présenté par date et non par journée de la semaine. Il est important d’analyser cette information présentée dans un format alternatif.
Et si l’information n’est pas mise à jour?
Ce qui est problématique, à part de ces complexités d’implémentation, c’est que le format d’horaires à base de texte sur le site Internet de la ville pose d’autres restrictions. J’organise toutes les données pour limiter la charge sur le serveur de la ville, mais il n’y a aucune façon de déterminer quand les données sont actualisées. Je dois régulièrement récupérer et ré-analyser les informations. De plus, en parlant de la charge du serveur, tout le monde est perdant si les développeurs doivent recourir à la gratture de texte. C’est un processus intensif de ressources sur mon serveur et cela implique une quantité importante de données à télédécharger du serveur de la ville.
D’autres enjeux concernant les données?
Le format actuel pose aussi des obstacles pour créer des services bilingues. Même si j’ai réussi à faire en sorte que la plupart du site est bilingue, les détails des horaires sont, en grande partie, seulement disponibles en anglais. Fournir ces détails dans les deux langues exigerait encore plus de grattage et d’analyse du texte dans chaque langue. Cependant, si les données étaient disponibles par l’intermédiaire d’un portail de données ouvertes et dans un format directement exploitable, la tâche serait beaucoup plus facile. Je pourrais alors simplement écrire le texte en anglais et en français et enficher les dates, les heures et les instructions spéciales.
Des derniers commentaires sur les données ouvertes et la ville de Montréal ?
Je suis encouragé de voir que la Ville de Montréal affiche de plus en plus des données en ligne… Maintenant nous avons seulement besoin de pouvoir y avoir accès dans des formats et sur un portail ouvert!
Est-ce que c’est un projet à code source-ouvert?
Oui, le code source est complètement disponible à http: // github.com/kmewhort/DechetsMontreal.
Les commentaires et les suggestions sont toujours bienvenues. Vos lecteurs peuvent me contacter en m’écrivant à l’adresse suivante : kmewhort@gmail.com
Le site web de DéchetsMontreal est http: //www.dechetsmontreal.ca
C’est excitant parce que malgré les barrières qui existent actuellement, les développeurs trouvent des façons d’ajouter de la valeur aux données de la ville et de créer des services pour le bénéfice des résidents de la ville. Merci Kent et nous espérons que la ville commence à faciliter le processus de développement d’applications comme la tienne.
Mike et et moi (Sébastien) sommes récemment allés à l’atelier « Cartographie des problèmes environnementaux dans la Ville » qui se tenait à l’Université Concordia cette semaine. Nous y avons rencontré un groupe éclectique de cartographes, artistes et chercheurs, rassemblés pour travailler sur une nouvelle base de données compilant des données relatives à la santé, la toxicité des sols, la qualité de l’air ainsi que des indicateurs socio-économiques à Montréal.
Cette base de données, qui est maintenant disponible sur le site web de l’atelier est un très bon exemple du processus de conversion et d’aggrégation de données existantes dans une nouvelle base de données pouvant être aisément manipulée par des tableurs et programmes informatiques.
Durant la création de cette base de donnée à partir de diverses sources pré-existantes (incluant Statistiques Canada), l’équipe a été confrontée à des problématiques telles que la précision des données, leur exhaustivité, leur résolution ainsi que bien évidemment leur qualité — ces problèmes sont des problèmes qui se poseront très probablement dans un projet d’ouverture de données.
A ce titre, Sébastien Caquard, un des chercheurs à l’origine de la base de données, expliquait que devant la difficulté d’obtenir les données qu’ils souhaitaient, ils ont du se résoudre à récolter tant bien que mal les données à partir de materiel existant, tel que les cartes et articles déjà publiés.
Nous avons ici une très bonne illustration des bénéfices qu’apporterait une approche de données-ouvertes des organisations publiques : en s’engageant à publier leurs données d’une manière ouverte, basée sur des formats standards, celles-ci diminuent considérablement les barrières à l’innovation et encouragent la réutilisation des données
Alors que la collecte des données reste un procesus long et coûteux, pourquoi laisser cette richesse dormir dans des disques durs au fond de laboratoires ? C’est justement en ouvrant les données à tous, que celles-ci peuvent devenir le nouveau terreau fertile sur lequel pourront se développer de nouveaux projets, et ainsi stimuler l’innovation, plutôt que la limiter.
Le parti conservateur du Canada n’a pas encore adopté une politique de données ouvertes, mais leur « homologue » en Angleterre en parle. Que vous soyez d’accord ou pas avec les politiques de David Cameron, le nouveau premier ministre du Royaume-Uni, il livre un excellent discours TED sur les possibilités des données ouvertes.
Tout récemment, la ville de Montréal a unanimement adopté une motion (disponible ici) demandant la restitution du recensement fédéral. Dans cette motion, proposée par Louise Harel et appuyée par Annie Samson, la ville souligne l’importance des données pour des fins de développement de politiques et de services municipaux.
Notamment, on y explique que les données obtenues par le recensement permettent « l’évolution de son parc immobilier et la prestation de ses services, dont son service de transport en commun et l’efficacité de son service de santé publique. »
La ville de Montréal serait donc très consciente de l’immense utilité d’avoir accès à des données civiques de haute qualité. Il faut plus d’information pour une meilleure prise de décisions.
Suivant cette logique, c’est pour cette raison, entre autre, que Montréal Ouvert encourage la ville de Montréal à partager publiquement ses données civiques pour permettre aux citoyens de contribuer eux-mêmes aux décisions et services qui affectent leur quotidien. Les données ne valent pas grand chose si on ne peut pas s’en servir ! Nous encourageons la ville de Montréal à mettre en place une plateforme de distribution des données civiques.







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